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Guide fiscal · À jour loi de finances 2026

Apport-cession : le guide fiscal complet

Report d'imposition, apport de titres à une holding, réinvestissement 150-0 B ter — la mécanique fiscale décodée et chiffrée.

L'apport-cession est l'un des deux leviers majeurs dont dispose un dirigeant pour différer l'impôt sur la plus-value lors de la vente de son entreprise. Le principe : apporter ses titres à une holding avant la vente, pour placer la plus-value en report d'imposition au titre de l'article 150-0 B ter du Code général des impôts.

La loi de finances pour 2026 a durci ce dispositif sur trois points clés. Ce guide expose les règles applicables, les chiffrages des principaux scénarios, le calendrier critique à respecter et les pièges d'abus de droit identifiés par la jurisprudence — pour décider en connaissance de cause.

Raphaël Berguig, expert-comptable
Raphaël Berguig Expert-comptable associé et commissaire aux comptes · Voir le profil
70 %
Seuil de réinvestissement depuis le 21/02/2026
36 mois
Délai de remploi du produit de cession
8 min
Pour un premier diagnostic chiffré
4,8/5
187 avis Google · OEC + CRCC Paris
Résumé express

L'apport-cession consiste à apporter les titres de sa société à une holding contrôlée, soumise à l'impôt sur les sociétés, avant que celle-ci ne vende les titres à l'acquéreur. La plus-value d'apport est placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI) : ce n'est pas une exonération, mais un différé.

Si la holding cède les titres dans les trois ans, le report n'est maintenu qu'à condition de réinvestir au moins 70 % du produit dans une activité économique éligible, sous 36 mois, et de conserver les actifs 5 ans. Ces seuils ont été durcis par la loi de finances pour 2026 (avant : 60 %, 24 mois, 1 an).

Le dispositif reste puissant pour un dirigeant qui veut se relancer ou réinvestir. Il l'est moins pour celui qui veut consommer librement le produit de la vente : la cession directe avec paiement immédiat du PFU à 31,4 % reste alors souvent préférable.

Pourquoi l'apport-cession est redevenu un sujet stratégique en 2026

La vente d'une entreprise déclenche en principe l'imposition immédiate de la plus-value de cession de titres réalisée par l'associé. Le taux normal du prélèvement forfaitaire unique applicable depuis le 1er janvier 2026 est de 31,4 % : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG sur les revenus du capital portée à 10,6 %. Sur une plus-value de cinq millions d'euros, le seul écart de 1,4 point lié à cette hausse représente 70 000 euros d'impôt supplémentaire par rapport aux bases connues fin 2025.

Pour les hauts revenus, cette imposition se cumule avec la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (article 223 sexies du CGI, jusqu'à 4 %) et la contribution différentielle sur les hauts revenus (article 224), pérennisée par la loi de finances pour 2026 et qui garantit une imposition effective minimale de 20 % du revenu fiscal de référence ajusté. Concrètement, un dirigeant qui cède son entreprise pour plusieurs millions d'euros peut voir son taux effectif global d'imposition de la plus-value approcher 35 à 36 %.

Face à cette pression, l'apport-cession via une holding permet d'organiser légalement la cession dans des conditions plus favorables, en différant l'imposition tant que le produit reste réinvesti dans l'économie productive. Mais le dispositif a été significativement resserré : il faut désormais en maîtriser précisément les nouvelles conditions, sous peine de voir le report tomber. C'est aussi pour cela que nous avons développé un simulateur d'apport-cession à jour de la réforme.

Comment fonctionne l'apport-cession : le mécanisme 150-0 B ter

Le mécanisme de l'apport-cession repose sur une logique simple. Plutôt que de céder directement les titres de sa société opérationnelle, le dirigeant les apporte préalablement à une holding qu'il contrôle et qui est soumise à l'impôt sur les sociétés. La holding cède ensuite les titres reçus à l'acquéreur final. La plus-value constatée lors de l'apport est placée en report d'imposition tant que les conditions de l'article 150-0 B ter du CGI sont respectées. Il ne s'agit pas d'une exonération : l'impôt redevient exigible si certains événements interviennent, notamment la cession des titres de la holding, leur rachat ou leur annulation, ou le transfert du domicile fiscal hors de France.

Le bénéfice du report exige une condition préalable : le contrôle effectif de la holding par l'apporteur. Ce contrôle s'apprécie au regard des droits de vote et des droits financiers, exercés directement ou indirectement, seul ou conjointement. Le seuil communément retenu est de 33,33 %, mais la doctrine impose une appréciation globale lorsque le dirigeant participe à un pacte d'associés ou exerce des fonctions de direction caractérisant un contrôle de fait. La holding doit par ailleurs être soumise à l'IS et avoir son siège dans un État de l'Union européenne ou un pays lié à la France par une convention d'assistance administrative. Pour aller plus loin sur cette étape, consultez notre page dédiée à l'apport de titres à une holding.

Le point central concerne le sort de la plus-value en cas de cession des titres apportés dans les trois ans suivant l'apport. Si la holding conserve les titres au-delà de trois ans, le report se poursuit sans aucune contrainte de remploi. Si elle les cède avant, le report n'est maintenu qu'à condition de réinvestir une part minimale du produit de cession dans des activités économiques éligibles. C'est précisément sur cette condition de réinvestissement que la loi de finances pour 2026 a durci les règles.

À retenir. L'apport-cession n'efface jamais l'impôt : il le décale. Le report devient un véritable gain seulement si le dirigeant a un projet de réinvestissement productif, ou s'il prévoit de transmettre les titres de la holding à ses enfants — la donation purgeant alors le report sous conditions.

Apport-cession et loi de finances 2026 : ce qui change

Trois paramètres du régime de remploi de l'apport-cession ont été durcis simultanément pour les cessions réalisées par la holding à compter du 21 février 2026. Le seuil minimal de réinvestissement passe de 60 % à 70 % du produit de cession. Le délai de réinvestissement passe de 24 à 36 mois. La durée minimale de conservation des actifs acquis en remploi passe de 1 an à 5 ans, décomptée actif par actif.

Jusqu'au 20/02/2026

Régime antérieur : remploi minimal de 60 % du produit, délai de 24 mois, conservation des actifs pendant 1 an. L'immobilier locatif et le marchand de biens figuraient parmi les remplois admis.

21/02/2026

Entrée en vigueur du régime durci. C'est la date de cession effective par la holding, et non la date d'apport, qui détermine le régime applicable.

Depuis le 21/02/2026

Remploi minimal de 70 %, délai de 36 mois, conservation de 5 ans. Exclusion des activités immobilières de la section L de la nomenclature française.

Le second changement structurant concerne le périmètre des activités éligibles au remploi. Les critères d'éligibilité sont désormais alignés sur ceux du dispositif IR-PME. Sont explicitement exclues les activités relevant de la section L de la nomenclature d'activités française, qui regroupe la quasi-totalité des activités immobilières : immobilier locatif de rendement, promotion immobilière, marchand de biens. L'hôtellerie demeure éligible car elle ne relève pas de cette section, de même que l'immobilier d'exploitation directement affecté à une activité opérationnelle.

Cette restriction est lourde pour les schémas qui s'étaient développés autour du remploi en SCI commerciales ou en sociétés de marchand de biens. Un dirigeant qui avait planifié de réinvestir dans un programme immobilier doit reconfigurer entièrement sa stratégie de remploi vers des activités opérationnelles ou des fonds de capital-investissement éligibles. Le troisième changement clarifie enfin le traitement du complément de prix (earn-out) : le prix de cession retenu pour le calcul du seuil de 70 % s'entend du prix initial augmenté de chaque complément perçu, chaque encaissement ouvrant un nouveau délai de 36 mois.

Exemple chiffré

Sur une cession de 2 millions d'euros par la holding, le réinvestissement minimal passe de 1 200 000 € (ancien régime) à 1 400 000 € — soit 200 000 € de plus immobilisés dans l'économie productive. La part libre, plaçable en assurance-vie souscrite par la holding ou en actifs financiers, n'est plus que de 30 % au lieu de 40 %. Sur une cession de 5 millions d'euros, l'écart représente 500 000 €.

Quand l'apport-cession reste pertinent — et quand il ne l'est plus

Malgré ce durcissement, l'apport-cession demeure attractif pour une catégorie précise de dirigeants. Le report d'imposition génère un avantage de trésorerie immédiat : sur une plus-value d'un million d'euros, l'économie de trésorerie est de 314 000 euros, montée à plus de 350 000 euros pour un cédant à haut revenu en intégrant les contributions additionnelles. Cette trésorerie reste mobilisable dans la holding pour de nouveaux projets.

Le dispositif est particulièrement pertinent pour le dirigeant qui souhaite se relancer dans une nouvelle aventure entrepreneuriale, racheter une autre entreprise opérationnelle, financer la croissance d'une PME, ou investir dans un portefeuille de fonds éligibles. Il l'est nettement moins pour celui qui veut consommer rapidement le produit de la vente à titre personnel, financer un projet immobilier locatif, ou simplement préparer sa retraite par un patrimoine financier géré en direct. Pour ce profil, la cession directe en personne physique avec paiement immédiat du PFU reste souvent préférable : elle laisse la liberté totale de disposition des fonds.

Une voie intermédiaire mérite d'être envisagée systématiquement : la cession partielle en direct couplée à un apport partiel. Le dirigeant cède directement 30 % des titres — qui supportent le PFU mais génèrent une liquidité personnelle immédiate — et apporte les 70 % restants à sa holding. Pour une cession globale de trois millions d'euros, ce montage produit environ 600 000 euros de liquidité personnelle nette tout en préservant 1 470 000 euros à réinvestir et 630 000 euros libres dans la holding. Ce dosage est entièrement paramétrable.

Le calendrier critique d'un apport-cession réussi

Une stratégie d'apport-cession ne se résume pas au choix d'un dispositif : elle suppose une chronologie précise qui s'étale typiquement sur 18 à 36 mois. La discipline de calendrier est absolue — un seul jour de retard sur le remploi suffit à faire tomber le report.

  1. Structurer la holding

    Rédaction des statuts, apport en numéraire constitutif, immatriculation au RCS, ouverture des comptes et mise en place de la comptabilité. Comptez deux à quatre mois.

  2. Laisser maturer la holding

    Un délai de six à douze mois entre la création de la holding et l'apport des titres est recommandé pour éviter toute appréciation d'un montage artificiel par l'administration.

  3. Apporter les titres à la valeur réelle

    L'apport est valorisé à la valeur réelle des titres au jour de l'opération, généralement attestée par un commissaire aux apports. Une sous-évaluation expose à un redressement ultérieur.

  4. Céder les titres via la holding

    C'est cette date — et non celle de l'apport — qui détermine le régime applicable au remploi. À compter de cette cession, le délai de 36 mois commence à courir, sans prolongation possible.

  5. Réinvestir 70 % et conserver 5 ans

    Le remploi de 70 % du produit doit intervenir sous 36 mois dans des activités éligibles. Chaque actif acquis doit ensuite être conservé au moins 5 ans, le délai étant décompté individuellement.

La valorisation des titres apportés est une étape sensible : c'est aussi un domaine sur lequel notre cabinet intervient régulièrement, en lien avec nos ressources sur les barèmes de valorisation d'entreprise et les méthodes de valorisation.

Apport-cession ou cession directe : le comparatif chiffré

L'analyse comparative ne doit pas conduire à privilégier mécaniquement le différé fiscal. Pour de nombreux dirigeants, et notamment pour les cessions de petites et moyennes valeurs, la cession directe avec paiement immédiat de l'impôt reste la solution la plus simple et la plus efficace. Le tableau ci-dessous synthétise les deux logiques.

Critère Cession directe Apport-cession 150-0 B ter
Imposition de la plus-value Immédiate, PFU 31,4 % (+ CEHR / CDHR) Report d'imposition tant que les conditions sont respectées
Disponibilité des fonds Totale et immédiate, aucune contrainte 70 % à réinvestir sous 36 mois si cession dans les 3 ans
Périmètre d'usage du produit Libre : conso, immobilier locatif, placements Activités opérationnelles ou fonds éligibles uniquement
Profil adapté Préparation retraite, projet personnel, petite valeur Réinvestissement entrepreneurial, transmission familiale
Complexité et suivi Faible Élevée : calendrier, audit d'éligibilité, suivi pluriannuel

L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu reste théoriquement ouverte pour la cession directe, mais elle ne devient avantageuse que pour les contribuables à faible tranche marginale. Le calcul s'opère au cas par cas, en intégrant la composition complète du foyer fiscal. Notre simulateur d'apport-cession effectue automatiquement cette comparaison et retient l'option qui minimise l'impôt total.

Les pièges de l'abus de droit à éviter

L'apport-cession fait l'objet d'un contrôle fiscal régulier. Plusieurs décisions récentes des juridictions administratives doivent être intégrées à la réflexion. L'arrêt du Conseil d'État du 29 septembre 2023 (n° 471003) a sanctionné un montage dans lequel l'apport s'accompagnait d'une soulte significative, considérée comme un détournement de l'objectif du dispositif. Lorsque la soulte excède 10 % de la valeur nominale des titres reçus, la jurisprudence considère traditionnellement qu'elle peut caractériser un abus de droit.

Les cours administratives d'appel ont confirmé cette ligne en sanctionnant des opérations où l'apport-cession était suivi d'une donation rapide aux enfants visant manifestement à purger le report sans logique économique réelle. De ces décisions découle une recommandation pratique : observer un écart minimum de 18 mois, idéalement 24 mois, entre l'apport à la holding et toute donation des titres de la holding aux enfants.

Risque de redressement

Un remploi insuffisant, hors délai, ou dans une cible non éligible entraîne la rupture du report d'imposition et l'exigibilité immédiate de la totalité de l'impôt sur la plus-value d'apport, assortie le cas échéant d'intérêts de retard et de pénalités. Le rachat d'une société qui s'avère être une holding passive ou dont l'activité opérationnelle est marginale peut suffire à disqualifier le remploi. Un audit d'éligibilité documenté de chaque cible est indispensable.

Combiner apport-cession et Pacte Dutreil pour la transmission familiale

Lorsque la cession ne s'opère pas vers un acquéreur tiers mais vers les enfants, le dispositif central change de nature. Le Pacte Dutreil (articles 787 B et 787 C du CGI) permet d'exonérer 75 % de la valeur des titres transmis à titre gratuit des droits de mutation. Il peut se combiner avec l'apport-cession dans des montages dits Dutreil-150-0 B ter, qui optimisent simultanément l'imposition à la cession et les droits de transmission.

Le schéma classique consiste à apporter les titres à une holding contrôlée, à céder les titres opérationnels sous le régime du report, puis à transmettre les titres de la holding aux enfants par donation. La donation purge alors le report sur la plus-value initiale, sous réserve du respect des engagements de conservation. La loi de finances pour 2026 a porté la durée de l'engagement individuel de conservation de 4 à 6 ans : combinée à l'engagement collectif de 2 ans, la durée totale minimale passe à 8 ans. Ce montage exige une planification rigoureuse — un accompagnement coordonné entre expert-comptable, notaire et le cas échéant avocat fiscaliste est indispensable.

Sources et références
  • Article 150-0 B ter du Code général des impôts — régime du report d'imposition de l'apport-cession. Légifrance
  • Article 787 B du Code général des impôts — Pacte Dutreil, exonération de 75 %. Légifrance
  • Article 223 sexies du CGI — contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
  • BOFIP-Impôts, BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 — modalités du report et du réinvestissement. bofip.impots.gouv.fr
  • Conseil d'État, 29 septembre 2023, n° 471003 — abus de droit en présence de soulte. Légifrance
  • Loi de finances pour 2026 — durcissement des seuils de remploi de l'article 150-0 B ter.
L'avis de l'expert

L'apport-cession n'est pas un produit fiscal. C'est une décision patrimoniale.

Trop de dirigeants abordent l'apport-cession comme une recette : « j'apporte, je cède, je différe ». Avec le régime durci de 2026, ce raccourci devient dangereux. La vraie question n'est pas « comment différer l'impôt ? » mais « ai-je réellement un projet de réinvestissement à 70 % sur trois ans ? ». Si la réponse est non, la cession directe est plus honnête et souvent plus rentable nette.

Mon conseil : ne décidez jamais du dispositif avant d'avoir chiffré les deux scénarios côte à côte, intégré votre projet de vie post-cession, et cartographié votre calendrier d'échéances. C'est exactement ce que produit notre simulateur — et ce que nous affinons ensemble en rendez-vous.

— Raphaël Berguig, expert-comptable et commissaire aux comptes
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Questions fréquentes

Tout comprendre sur l'apport-cession

Les réponses aux questions les plus posées sur le report d'imposition, le réinvestissement et la holding.

Qu'est-ce que l'apport-cession ?
L'apport-cession est une opération par laquelle un dirigeant apporte les titres de sa société à une holding qu'il contrôle, soumise à l'impôt sur les sociétés, avant que cette holding ne cède les titres à l'acquéreur final. La plus-value constatée lors de l'apport est placée en report d'imposition au titre de l'article 150-0 B ter du CGI. Il ne s'agit pas d'une exonération mais d'un différé : l'impôt redevient exigible si certains événements interviennent, notamment la cession des titres de la holding ou un réinvestissement insuffisant du produit de cession.
Quel est le taux d'imposition d'une plus-value de cession de titres en 2026 ?
Le taux normal du prélèvement forfaitaire unique applicable depuis le 1er janvier 2026 est de 31,4 %, soit 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux après la hausse de la CSG portée à 10,6 %. Pour les hauts revenus s'ajoutent la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus pouvant atteindre 4 % et la contribution différentielle garantissant une imposition effective minimale de 20 % du revenu fiscal de référence ajusté.
Faut-il créer une holding pour un apport-cession ?
Oui, la holding est l'élément central du dispositif. C'est elle qui reçoit les titres apportés et qui les cède ensuite à l'acquéreur. Elle doit être soumise à l'impôt sur les sociétés, avoir son siège dans un État de l'Union européenne ou un pays lié à la France par une convention fiscale, et être effectivement contrôlée par l'apporteur. Sans holding contrôlée, le report d'imposition de l'article 150-0 B ter ne peut pas s'appliquer. Notre page sur l'apport de titres à une holding détaille cette étape.
Comment fonctionne le report d'imposition sur l'apport de titres à une holding ?
Lors de l'apport des titres à la holding, la plus-value est calculée mais son imposition est gelée. Le report est maintenu tant que les conditions de l'article 150-0 B ter sont respectées. Si la holding conserve les titres plus de trois ans, le report se poursuit sans contrainte de remploi. Si elle les cède dans les trois ans, le report n'est maintenu qu'à condition de réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans des activités économiques éligibles, dans un délai de 36 mois, et de conserver les actifs acquis pendant au moins 5 ans.
Quelles sont les nouvelles règles 150-0 B ter applicables en 2026 ?
Pour les cessions de titres réalisées par la holding à compter du 21 février 2026, le seuil minimal de réinvestissement est porté de 60 % à 70 % du produit de cession, le délai de réinvestissement passe de 24 à 36 mois, et la durée minimale de conservation des actifs acquis en remploi est allongée de 1 an à 5 ans. Les activités immobilières relevant de la section L de la nomenclature d'activités française sont par ailleurs exclues du périmètre de remploi éligible.
L'immobilier locatif est-il toujours éligible au remploi de l'apport-cession ?
Non. La loi de finances pour 2026 a exclu les activités immobilières relevant de la section L de la nomenclature d'activités française du périmètre des activités éligibles au remploi. Sont notamment exclus l'immobilier locatif de rendement, la promotion immobilière et l'activité de marchand de biens. L'hôtellerie reste éligible car elle ne relève pas de cette section, et l'immobilier d'exploitation directement affecté à une activité opérationnelle éligible demeure admis.
Peut-on réinvestir le produit de l'apport-cession en compte courant ?
Non. Le réinvestissement en compte courant d'associé, en placements financiers de trésorerie ou en actifs non affectés à une activité économique ne constitue pas un remploi éligible au sens de l'article 150-0 B ter. Le produit doit être réinvesti dans le financement d'une activité opérationnelle, l'acquisition de titres conférant le contrôle d'une société opérationnelle, ou la souscription au capital de sociétés ou de fonds de capital-investissement éligibles satisfaisant aux quotas d'investissement prévus par le texte.
Apport-cession et abus de droit : quels sont les risques ?
L'administration fiscale peut requalifier en abus de droit un apport-cession dépourvu de substance économique réelle, notamment lorsque l'apport est suivi d'une cession immédiate puis d'une donation rapide aux enfants visant uniquement à purger le report. La jurisprudence du Conseil d'État sanctionne également les apports assortis d'une soulte excessive. En pratique, il est recommandé d'observer un écart d'au moins 18 à 24 mois entre l'apport et toute donation, et de documenter la logique économique de l'opération.

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